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Coupe du monde: Le Ghana, dernier espoir de l’Afrique du sud
FOOT – Deniers représentants africains, les Black Stars recevront le soutien de tout un continent en quart de finale…
Plus besoin de se perdre dans les rues de Johannesburg ou du Cap pour trouver la trace d’un maillot du Ghana. En Afrique du sud, c’est toujours une marée jaune qui habille les rues des grandes villes. Malgré l’élimination de leur équipe, les habitants restent fidèles aux Bafana Bafana, mais depuis une semaine, le jaune et rouge des Black Stars fait office de deuxième choix. «On est en rupture de stock, confirme Bongiwe, commerçante du Cap forcément ravie de la qualification du Ghana pour les quarts de finale. C’est pareil pour les écharpes. Il ne nous reste qu’un bonnet, avant le prochain match.»
En Afrique du sud, la population noire a trouvé son équipe de substitution pour la fin du Mondial. Chez les Blancs, le soutien est beaucoup moins prononcé, voire inexistant. «En général, les Africains sont facinés par les équipes qui gagnent. C’est pour cela que beaucoup se rabattent sur le Ghana. Moi, je m’en moque», explique Retief, un retraité blanc du Cap, qui ne revendique aucune africainité. Pour cette frange minoritaire de la population (9,5%), la Coupe du monde se vit moins par procuration. Pour eux, l’élimination de l’Angleterre a sonné le gong final de la compétition. Les Pays-Bas ne faisant pas vraiment bourdonner les vuvuzelas…
«Ici, c’est notre terre»
Le premier soutien des coéquipiers de Gyan Asamoah émane d’ailleurs du comité organisateur, balayant étrangement sa prétendue neutralité. Avant le quart de finale face à l’Uruguay, vendredi, le LOC ne cesse d’encourager les joueurs de Miroslav Rajevac. Sur les publicités «Africa United», ne s’affichent plus que les visages d’Appiah ou Annan, juste au dessus de ce message: «En Afrique, chaque peuple appartient à la même famille.»
Depuis le début de la compétition s’est aussi instaurée une solidarité entre supporters africains. Même les Nigérians, souvent montrés du doigt dans le pays, sont mieux accueillis. En tribunes, on a vu fleurir des pancartes «United as one. Africa must not fear any team, this is our land» (Soyons unis. L’Afrique ne doit avoir peur de personne, ici c’est notre terre.) Voilà pourquoi la presse locale a rebaptisé les «Black Stars» en «Africa Last Stars». L’engouement a même pris une tournure politique depuis que l’ANC, le parti de Nelson Mandela, s’est rangé derrière eux. «Nous avons confiance en vous pour atteindre la finale, vous êtes notre espoir», clame Jackson Mthembu, le porte-parole du parti majoritaire d’Afrique du sud.
Punir l’Uruguay pour venger les Bafana
Du coup, l’ennemi est clairement ciblé: l’Uruguay, adversaire du Ghana pour une place en demi-finale. Peut-être une première pour un pays africain. «Nous devons être vengés des Uruguayens qui ont humilié les Bafana. Vive les Black Stars», indique le congrès des syndicats sud-africains. Pour ce match, il invite aussi le public à investir en masse le Soccer Stadium de Johannesburg, vendredi soir. «Tous les pays africains nous soutiendront et nous ne voulons pas les décevoir», anticipe déjà le milieu Tony Annan, déjà prêt à supporter la pression de tout un continent.
